Notre havre de paix

Notre havre de paix - Simone King

J’hésitais depuis longtemps à m’acheter une maison à la campagne. Mais ma gestion de patrimoine ayant été bien faite, je pouvais à présent prendre une retraite méritée. Le lieu idéal serait près d’une ville d’importance moyenne, une demeure confortable sans être trop grande. Même si on reçoit fréquemment, un salon, une cuisine et deux ou trois chambres aménagées correctement me suffiraient. Les recherches dans l’immobilier furent longues, mais le résultat fut à la hauteur de mes espérances.

Une maison de brique entourée d’un jardin arboré et fleuri m’attendait. J’avais eu les clés deux jours avant, et, entretemps, j’avais organisé mon déménagement. Un camion chargé au maximum était reparti de chez moi, et je le suivais à présent sur les routes entourées de champs. À l’entrée du village, je notais la présence d’un verger que je n’avais pas remarqué. La route principale accédait au centre, composé de commerces de proximité. Puis, les champs et les bosquets reprenaient leurs droits, et j’arrivais devant ce qui venait de devenir chez moi.

C’était la fin de la matinée. Le soleil brillait, mais le vent printanier très frais soufflait. Les employés déchargèrent le véhicule. Je leur indiquais où tout devait se mettre. Mes instructions étaient claires, ils mirent peu de temps à terminer. Ensuite, je déballais les cartons où la vaisselle et tous mes petits objets étaient emballés. Je me dépêchais de finir ma mise en place, j’enlevais les toiles d’araignée et je passais l’aspirateur puis la serpillière pour nettoyer le sol. J’avais proposé à des amis de venir passer quelques jours dès mon installation dans mon nouveau logis.

La sonnette du portail retentit. J’appuyais sur un bouton qui ouvrait automatiquement ses portes. J’allais accueillir Anatole et Aimée. Ils s’extasièrent devant mon acquisition. Ils montèrent dans leur chambre, que j’avais pu préparer malgré le peu de temps que j’avais. Bien sûr, je ne leur en fis pas la remarque. Lorsqu’ils descendirent pour le souper, j’avais concocté un menu. Nous avons mangé simplement des pétales de jambon fraîchement coupés avec ma trancheuse, du fromage produit dans la région, du bon pain que j’avais préparé. Un vin rouge d’excellente qualité compléta le « festin ». Puis, nous avons fini la soirée sur la terrasse, à regarder les étoiles et à discuter pour refaire le monde comme nous voudrions qu’il soit. J’avais trouvé ma place, ici, et je n’en suis plus jamais repartie. Pour moi, maintenant, le plus grand bonheur est de me lever le matin et d’entendre les oiseaux chanter dans mon jardin.