Les œuvres de Monet

Les œuvres de Monet - Simone King

J’avais été fascinée lorsque j’avais découvert le tableau de Monet Les villas à Bordighera. Il en existe deux. L’un est exposé à Chicago, l’autre à Paris. C’était ce dernier que je souhaitais voir. C’était bien loin de là où j’habite, je savais que peut-être jamais ce rêve ne se réaliserait. J’avais donc commandé une reproduction fidèle de la toile à un artiste local. J’avais déjà vu les copies qu’il avait réalisé de certaines œuvres que des amis lui avaient commandées. Monet les avait réalisées en 1884, lorsqu’il avait fait un séjour en Italie. Il découvrait à quarante-quatre ans les paysages de la mer Méditerranée. Les teintes qu’il employa témoignent de la lumière si merveilleuse qui règne dans cette partie de l’Europe. Mais c’est seulement de retour dans son antre, à Giverny, qu’il peignit ces deux tableaux. Le format de la toile était carré. Les portes et fenêtres sont représentées avec minutie. Il essaya à ce moment une technique qu’il employa plus tard pour ses séries : la répétition d’un motif. C’est dans son atelier qu’il finalisait le travail commencé en extérieur. Une autre de ses œuvres que je trouve extraordinaire est la cathédrale de Rouen peinte avec des lumières différentes.

Ces tableaux ont été peints huit ans plus tard que mon préféré. Celui qui, à mon sens, est le plus intéressant est Le Portail, soleil matinal, harmonie bleue. Ce travail sur les variations de couleurs, de lumières, qu’il a effectué tout au long de sa vie, a atteint un niveau de perfection avec les nénuphars qu’il a peints en série. Il s’inspirait de ceux qu’il avait dans son jardin. Ses Nymphéas − bleus, eux aussi − exposés à Munich sont superbes. Je me suis toujours demandé quelle perception il avait de son environnement pour parvenir à fixer avec tant de poésie et de légèreté tous ces sujets. Apparemment, il avait un défaut de vue, une myopie qui s’est accentuée avec l’âge, puis une cataracte à la fin de sa vie. Son ami Georges Clemenceau le décida à se laisser opérer en 1923. Monet décrivait une autre palette chromatique que celle qu’il percevait avant. Ce fut d’abord au musée de l’Orangerie, un Parisien, lui aussi, que ses toiles sur les nénuphars furent exposées. Cette première exposition influença la taille des tableaux que le maître utilisa. Ils devaient être pendus en cercle, pour que le visiteur découvre les panneaux comme s’il se promenait au gré des saisons. Ce fut l’installation la plus monumentale du vingtième siècle.